Je dédie cette page à mon père, tanneur et mégissier, qui durant toute sa vie professionnel nous a fait partager son savoir faire et son métier rimant avec passion...




                     Mon père Henry JAGOT  tanneur mégissier                     Mon grand'père Constant JAGOT mégissier lainier

        entreprise familiale dans les années 1945à 1955  à la Chaussée en Rezé  (44)


Tannerie-Corroierie de la Rousselière

L'usine  a connu un siècle d'activité, et a employé jusqu'à 200 personnes.

              Pierre Félix Devin avait, aux dires de son entourage, la "maladie de la pierre" . Une passion plus qu'une pathologie qu'il va mettre à exécution  en posant la première pierre d'une tannerie corroierie,située au bord de l'Ilette  un affluent de la sèvre-Nantaise sur la commune de Vertou village de la Rousselière, à la frontière de Rezé village de la Chaussée.

                Nous sommes en 1850  :"l'entreprise emploie cinq personnes et s'approvisionne directement auprès des  bouchers, qui
tuent eux-mêmes les bêtes puis progressivement auprès des abattoirs " .L'entreprise prospère et s'agrandit une première fois sur l'arrière à l'initiative du fondateur .Elle connait une seconde extension  vraisemblablement en 1896 conduite par Louis Devifils du précédent, qui a pris les rennes de la tannerie en 1894 lors du départ en retraite de son père.


              C'est alors que se sont ajoutés les deux bâtiments collatéraux. Reprise en 1898 par la société Les Frères Le Roy, la tanne-
 rie-corroierie que l'on présente comme une entreprise modèle  emploiera jusqu'à  deux cents personnes.
 Mais la concurrence du caoutchouc et la motorisation réduisent considérablement la demande du cuir. Le déclin de la filière
      s'amorce dans les années 1920. Et malgré un regain d'activité dû aux commandes de l'armée allemande pendant l'occupation
 L'usine cesse complètement de fonctionner en 1954.
 
(source : bulletin  l'ami de Rezé n°14 et 26)


Vie et travail dans une tannerie
 fin XIXème début  XXème Siècle

La transformation des peaux en "cuirs verts"ou "peaux en sel"


                 Les peaux fraîches,  récupérées après la dépouille des animaux abattus étaient très putrescibles et provenaient de localités
     parfois très éloignées des tanneries. Il était donc nécessaire de faire subir une préparation  spéciale destinée à assurer leur conservation lors du transport par route ou par bateau ainsi que durant leur stockage. Le traitement consistait en une déshydratation plus ou moins grande des peaux afin d'empêcher leur putréfaction. Le salage d'une peau consistait dans un premier temps à l'étaler sur le sol,côté chair au dessus. On la saupoudrai ensuite de sel. On disposait ensuite une seconde peau"chair contre chair".la quantité  de sel  recouvrant  la première étant calculée pour deux. L'opération  était renouvelée pour plusieurs dizaines de"couples" de peaux qui formaient des piles soigneusement disposées. L'eau contenue à l'intérieur des peaux était ainsi attirée vers  l'extérieur tandis que le sel pénétrait simultanément à l'intérieur des pores. Au bout de deux jours, les peaux salées avaient perdu 20% de l'eau  qu'elle renfermaient. Ainsi traitées, les peaux pouvaient se conserver plusieurs mois. 
Elle portaient alors le nom de "cuir verts".


Le reverdissage

            Les peaux arrivées en tannerie,on enlevaient les cornes, les oreilles et la queue,puis les peaux étaient mises dans un bassin de reverdissage pour une durée de un à deux jours afin de les dégorger du sel qu'elle contenaient ainsi que leurs impuretés et résidus divers. Cette durée pouvaient être portée à cinq ou six jours.Dans ce cas l'eau était renouvelée quotidiennement.



Le passage au pelain
    
           Les peaux nettoyées puis égouttées étaient mise dans un pelain, c'est à dire dans une grande cuve de bois remplie jusqu'à env-
    iron la moitié  d'un mélange d'eau et de chaux morte." Selon L'Encyclopédie" on doit laisser les peaux dans ce mort pelain
    environ dix à douze jours , en observant cependant de les retirer tous les deux jours.

     L'ébourrage

C'est à ce stade que se situe le "travail de rivière"."Si le poil quitte facilement les peaux en sortant du mort pelain , ce qu'il
est facile de connaître, on les jette à l'eau pour les nettoyer en plus grande partie de la chaux dont elles peuvent êtres couvertes
 on les retire ensuite et on les pose sur un chevalet pour les ébourrer"  .L' ouvrier-tanneur utilise alors un "couteau de rivière"
 qui racle finement le côté pileux des peaux pour en ôter les soies. Lorsque l'épilation est complète, les peaux sont soigneusement lavées et mise à égoutter.




Le passage au pelain vif

            Il faut ensuite remettre les peaux dans un pelain qui tienne entre le mort et le vif : elles doivent restées environ six semaines,
   en observant de les  en retirer au plus tard  tous le deux jours, et de les laisser en retraite au moins le même temps. Ce terme ex-
   piré, ont doit les plonger dans un pelain vif et les y laisser environ cinq à six jours et autant de retraite et cela pendant un an et
   même dix huit mois.



L'écharnage

            "Les peaux ayant séjournées suffisament dans les pelains, il faut les porter à la rivière et les laver : on les posent en-
 suite sur le chevalet pour les écharnés, ce qui se fait  avec un couteau à peu près semblable  à celui  dont on se sert  pour
 ébourrer à l'exception que ce dernier doit être tranchant."Cette ustensile  porte le nom de "faulx".




Le passage dans les basseries et mise en fosse

                 Les peaux sont ensuite suspendues sur des cadres de bois puis plongées dans des fosses appelées basseries.Les peaux
passent progressivement dans les basseries contenant des solutions de plus en plus concentrées en matière tannantes comme le
 tan qui est "l'écorce de chêne, concassée et réduite en grosse poudre dans les moulins destinés à cet usage".
     Une fois imprégnées, les peaux sont misent à plat dans une fosse où " elle(s) (seront) empilées et alternées,à chaque peau,
 une couche d'écorce de chêne moulu".


Le séchage

           Après avoir été retirés des fosses, à l'aide de longues pinces, les cuirs sont mis à sécher pendant quinze jours et sont battus.
    Le séchage est une étape délicate car s'il sont entreposés dans un local humide, ils risquent de moisir tandis qu'une exposition au
   soleil risque de les rendre cassants.Le séchage implique un local sec et constamment ventilé. Au cours de cette phase délicate, les 
   cuirs  sont examinés avec soin pour déceler la moindre coupure qui pourrait altérer la qualité et faire baisser le prix de vente.Ils
   sont également brossés pour éliminer la poudre de tan. Les cuirs subissent ensuite un battage qui a pour but d'enlever toutes aspé-
   rité sur la surface du cuir.Après un dernier repos d'environ un mois, les cuirs sont près à être commercialisés.




Mégisserie

Le terme "mégisserie" est employé pour le tannage des peaux de petits animaux: ovins,caprins, vachette.



      Il existe d'autres modes de tannage que le tannage végétal :
Le tannage au chrome, découvert à la fin du 19ème siècle,qui s'applique aux petites peaux: veaux, vachette, chevreau, mouton. Il s'effectue en quelques heures sous l'action de solutions de sulfate chromique.
 Le tannage à l'alun est un tannage très ancien utilisé pour des peaux très souples de mouton,,de chevreau, ou d'agneau, destinées à la ganterie.



Bibiographie source : Tanneurs de Bretagne n°37 / 1997 Derrien Dominique  édition SKOL VREIZH 



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